Amours de Femmes

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D’abord, leurs toisons de soie
Lentement se frôlèrent,
Instant suspendu dans le temps,
Émotion, égarement,
Comme un long flot de joie
Qui envahit leurs chairs
Profondément…
Et puis, ce fut leurs lèvres intimes
Qui, peu à peu, s’épousèrent,
Se mordirent, s’écartèrent,
Tout cela amoureusement,
Inconsciemment, sans rien y faire,
Rien qu’en se laissant
Porter lentement
Vers quelque port d’une Cythère
Aux émois flamboyants…
Elles se donnèrent,
Tout autant que deux autres Amants,
Se conjuguèrent
Au Parfait, puis au Plus que Parfait,
En caresses, en langues et chairs
Qui se mêlèrent
Intimement
Pour ne plus faire
Qu’un seul corps ondoyant
Dont Sappho, elle–même,
Eût pu là être fière…
Instant aux ailes
D’hirondelles
Aux soyeux frottements,
Elles n’eurent plus qu’un seul sang
Et qu’une seule haleine
Dans les beaux tournoiements
De leurs corps en fusion…
Leurs seins aux auréoles tournoyantes
Furent ces constellations
Aux saturniennes et lentes
Circonvolutions,
Le ciel était si beau
Ce soir-là…sur Lesbos…

« A Mylène »
Le Marquis de Chair

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